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[flash-back] La Belle et le Lièvre

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Double-Compte : Willy, Alan & Clarky
Identité du conte : Lièvre de Mars
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MessageSujet: [flash-back] La Belle et le Lièvre Lun 23 Mar - 1:03


Abords du Bois de Minuit  ◈  Un beau matin avant la malédiction

Haigha Harrey
La Belle et le Lièvre



   C '
était un matin comme il y en avait tant d'autres dans les bois du Pays des Merveilles ; des oiseaux en fleurs, des champignons radieux et des roses à l'humeur festive s'étendaient à perte de vue sur l'une des petites collines qui entouraient le Bois de Minuit. Allongé dans l'herbe, un morceau de lierre entre les dents, Haigha rongeait. Il mâchouillait distraitement la plante verte probablement toxique et peu digeste qui lui laissait pourtant un on ne peut plus agréable goût de trèfle sur la langue. Les bras ramenés le long du corps, les mains posés sur le poitrail, vu de l'extérieur il était loin d'avoir l'air aussi détendu qu'il l'était. Le temps était agréable et sa participation à l'heure du thé n'était pas encore arrivée. Enfin si... il avait déjà montré sa frimousse à la table du Chapelier, mais s'était fait renvoyer presque aussitôt pour aller chercher du sucre chez la reine blanche. Entre voisins. Il y en avait pour au moins trois jours de marche, mais ce genre de détails n'arrête pas les fous et, bien entendu, à peine Haigha avait-il perdu d'oreille le bruit des tasses fracassées, qu'il s'était empressé de faire un bond hors du chemin pour escalader la colline à la recherche d'un de ses mets préférés ; le pissenlit. C'était la saison et il avait envie d'en grignoter une branche ou deux, mais à peine la moitié de la pente passée, le pauvre homme s'était emmêlé les pattes et rétamé dans l'herbe.

Bondir semblait plus compliqué depuis que le Chapelier lui avait rappelé qu'il n'était pas un animal, mais un être humain avec des oreilles de taille normale voir un peu courtes. Haigha avait beau n'être pas tout à fait d'accord sur ce point, il devait bien reconnaitre qu'il était plus facile de marcher que sauter avec ces jambes fortes inutiles qui lui pendaient au derrière. Le pissenlit devrait donc attendre, il ne se sentait pas d'humeur à faire autre chose que sautiller ce jour-là et n'avait pu atteindre - en rampant avec la grâce absolue d'Absolem - que ce vieux lierre séché qui grouillait sur une vieille souche fendue. Il y avait pire, c'était même assez relaxant de mâcher cette plante là, sans oublier que cela faisait merveille sur le poids.

Haigha se mit soudain à tousser et s'étrangler. Le poison de la plante commençait à l'incommoder. Il rassembla sa salive et visa un nuage pour cracher en direction du ciel. Son mollard fut dévié par le vent, mais ne manqua pas d’atterrir sur une libellule géante qui poussa un cri écœuré avant de s'écraser au sol.

— Prends-ça l'chat, fit le lièvre en remettant son bout de lierre entre ses dents et reprenant sa contemplation des nuages.

~ Ou la chèvre.

Haigha fit claquer sa langue contre ses dents pour imposer le silence à ces voix trop encombrantes. Il se retourna et se redressa. Assez de rester inoccupé. Il était temps de marcher. Il se mit en route, longeant les arbres obscures sans prendre soin de choisir un chemin. Il n'y avait pas meilleure moyen d'arriver où l'on veut que lorsqu'on ne sait pas où l'on va. Les bras battant tantôt derrière, tantôt devant, l'homme traversa la colline d'un pas léger jusqu'à ce que son pied fasse craquer l'herbe étrangement.

Le lièvre s'arrêta et baissa la tête. Il venait de marcher sur un curieux objet qui trainait par terre. Petit et rectangulaire, il brillait d'un éclat argenté semblable à celui des aiguilles du Chapelier. Le promeneur regarda ce dur tapi et vit son reflet le fixer avant qu'il ne se jette à terre pour l'observer de plus près. Un nez, deux oreilles et deux yeux, c'est vrai que cela ressemblait à un humain. Haigha fit glisser son doigts le long de la légère cassure que son pied avait faite sur le miroir. La fissure partait de biais, traversant le rectangle de gauche en bas, il trouva cela bien comme cela. Ni trop droit ni trop net, juste illogique comme il le fallait. Un miroir presque trop parfait pour être honnête. Haigha posa sa tête dans le creux de sa main et continua à faire glisser son doigt sur cette surface brillante, s'imaginant les patineurs sur les lacs gelés de son enfance. Il s'en souvenait très bien. Leurs manteaux épais, leurs cols de fourrures, leurs bonnets jusqu'aux oreilles et les petites lames de fer à leurs pieds qui crissaient et traçaient des courbes dans la neige plus dure que le cristal.

L'homme sentit un picotement lui parcourir l'ongle lorsqu'il se coupa sur la fissure et répandit un peu de sang sur la glace. Il roula dans l'herbe pour se mettre sur le dos et leva le miroir devant ses yeux. C'était un curieux objet que l'on ne croisait pas tous les jours. Un tableau sans décors avec une drôle de tête qui bougeait dedans. Il humecta un bout de sa manche pour nettoyer le pourpre que son égratignure avait laissée, étalant le rouge plus qu'il ne parvint réellement à l'enlever. Un mauvais rayon de soleil se refléta soudain à la surface, éblouissant le pauvre lièvre qui ne put que fermer les yeux pour se défendre. Il tendit le bras et balança le miroir sans y prêter plus d'attention. La méchante chose alla se perdre dans l'herbe, face contre terre, après un dérapage incontrôlé sur une petite bande de poussière.





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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Mar 24 Mar - 23:04



 
La Belle et le LièvreHaighaxBelle

 
Un grincement de porte en bois résonna dans la totalité des longs couloirs silencieux, suivit d'une vive course précipitée qui s'amplifia au fur et à mesure qu'elle se rapprochait de sa destination, avant que ne vienne un nouveau grincement et un claquement de porte qui mit fin à ces quelques bruits qui avaient brisés le silence. Du moins, seulement d'un côté du mur, car de l'autre côté, on put entendre des pleurs étouffés et des ressorts protester bruyamment suite au brusque poids qui leur tombait dessus.
La jeune femme, semblant dévastée, semblait se perdre au milieu des draps de son énorme lit. Recroquevillée sur elle même, ses mains se crispant sur la soie blanche alors qu'elle réprimait des gémissements, Belle, car tel était son nom, venait de se faire briser le cœur une énième fois. Par des propos trop bruts, des paroles trop tranchantes, et un sens trop injuste. Une situation, qui, à son goût, se répétait bien trop souvent.

-Papa... Papa...! Papa!

Pourquoi était-il si aveugle? Si violent? Ne tenait-il donc à rien à par sa propre petite personne?!
Oh, évidemment, elle ne lui avait pas laissé entrevoir ses larmes, trop de fierté quelque part, elle avait préféré fuir pour garder un tant soit peu la tête haute et ne pas lui laisser ce plaisir de la voir comme un animal blessé. Etait-ce d'ailleurs seulement ainsi qu'il la considérait? Un animal de compagnie ? Une biche blessée qu'il se plaisait à bichonner? De belles robes, de beaux appartements... Une belle laisse et une belle niche. Une manière de s'assurer qu'elle ne partirai pas... Mais comment pouvait-il encore penser qu'après cela, elle ne restait que pour cela?

-Papa... souffla-t-elle alors, comme pour se protéger derrière l'image de son père souriant, comme avant.

Elle avait échangé sa vie contre celle de son père, n'était-ce donc pas là une preuve suffisante d'altruisme et d'honnêteté?

-J'espère que vous allez bien... Tous.

Ses sanglots continuèrent un moment, finissant même par devenir muets, puis, lentement, presque sans s'en rendre compte, les larmes cessèrent de couler sur son visage, alors que son expression se détendit peu à peu, et que seul son regard brillant et sa moue brisée pouvaient laisser deviner ses pleurs précédents.
Son esprit vaguait sur des sujets qui pouvaient sembler sans importance, mais si réconfortants quelque part... Quelles robes ses soeurs avaient acheté dernièrement? Et son frère, avait-il terminé son livre? La dernière fois qu'elle l'avait vu, il venait tout juste de trouver une idée soit disant miraculeuse pour la suite de son roman, mais depuis le temps, qu'était-il advenu de son rêve que tous pensaient impossible? Mais surtout, son vieux père? Vivait-il heureux? Avec ses fils et ses filles?
Plus heureux qu'elle?

Seul le silence pesant du manoir lui répondit, un silence total, qui ne laissait place qu'aux questions, et aucunes réponses.
Elle aurait put rester là des heures, à se morfondre sur son sort et son devenir déjà décidé, mais c'était mal la connaître. Belle n'était pas le genre de femmes qui ne faisaient que se plaindre, elle avançait, faisait semblant au moins, mais gardait toujours la tête haute quitte à jouer la comédie.
Et c'est ainsi que lentement, elle se redressa, assise en tailleur dans le grand lit, et son regard vide passait sur les différents bibelots de la grande pièce sans réellement y prêter grande attention. Beaucoup de livres, surtout. Tous "généreusement offerts" par celui qui partageait ses jours, tous passionnants... La lecture, c'était quelque chose de passionnant, et il s'en était sûrement servit pour la garder auprès de lui. Mais mis à part ce point des plus importants, il y avait aussi de nombreuses étagères avec de vieux bibelots, des objets qui ne lui appartenaient pas, sûrement des reliques oubliées là du résident de ces lieux. Elle s'y était déjà intéressée, dépoussièrant régulièrement les étages pour y mettre un peu d'ordre, mais à croire que ce n'était vraiment rien puisque rien n'avait explosé ou bien aucun portail magique ne s'était ouvert.
Seulement cette fois, un rayon de soleil attira son regard, un éclat éblouissant qui lui fit plisser les yeux, et elle leva instinctivement la main pour se protéger de la lumière avant de se lever lentement, tenant les draps contre sa poitrine comme pour se protéger d'un froid inexistant.
Ca ne s'était jamais produit avant, un rayon de cette façon, comme lorsque l'on s'amusait à détourner la lumière avec un bout de métal poli, sauf qu'à cet endroit, entre les livres, c'était tout bonnement impossible... Alors de quoi pouvait-il donc s'agir?
Les yeux plissés pour mieux en trouver la source, Belle s'approcha du point d'un pas hésitant tendant la main par pure précaution -les affaires invisibles, elle avait déjà eut à faire avec elles! Merci!-, jusqu'à arriver à l'étagère pleine de bouquins aux reliures de cuir, plus ou moins rangés, même si cela tendait vers le moins. Sa main se mit machinalement à parcourir les lettres écrites en minuscules sur le dos de ces derniers lorsqu'il y en avait, avant de caresser délicatement la couverture du bout des doigts, l'esprit bien ailleurs, du moins jusqu'à ce qu'elle ne frôle une texture qui était tout autre que la rugosité des peaux de bêtes, mais plutôt froide et glacée, comme du verre.
Se re-concentrant sur la scène, le regard de la Belle reprit alors quelques couleurs, bien que toujours brillant de par ses larmes, elle semblait avoir enfin trouvé quelque chose auquel se raccrocher.
Un nouveau mystère, une nouvelle énigme.
Une nouvelle aventure quelque part.
Ses gestes devenus vifs et précis sortirent alors uns par uns les ouvrages de la rangée, tâtonnant ensuite du plat de la paume pour retrouver cette chose qui lui avait parut incongrue, et à partir de là, il ne lui fallut pas longtemps pour enchainer.
C'était un miroir, un petit miroir, qui devait bien tenir dans la paume de sa main, très simple, il n'était orné que d'un discret dessin à l'arrière représentant un lapin roulé en boule dont les longues pattes croisait sa tête, qui d'ailleurs de face, semblait vous fixer dans les yeux. Belle observa encore un instant l'arrière du petit objet, ses doigts passant lentement sur les légers reliefs avant de tourner à nouveau la glace, fronçant alors les sourcils lorsqu'elle ne se vit pas elle-même dedans... Mais plutôt... Du bleu, peut-être un peu violet, parsemé de blanc comme... un ciel.
Immédiatement, elle se dirigea vers la fenêtre pour observer le ciel à l'extérieur, certainement pas de ce bleu là, aujourd'hui il était même plutôt nuageux, et cela sûrement dans toute la Forêt Enchantée... Alors que voyait-elle donc dans ce miroir?

-C'est... impossible...!

Un sourire timide perça sur son visage encore rougit, un sourire plus de curiosité et d'émerveillement las que d'autre chose, mais au moins, elle ne semblait pas aussi renfermée qu'elle ne l'était quelques minutes plus tôt.
Des gémissement, ou plutôt des glapissements, la firent légèrement sursauter, mais elle fronça immédiatement les sourcils avant de rapprocher la petite glace de son visage, la tournant dans tous sens pour essayer d'y voir un peu mieux, ou ne serait-ce que de comprendre dans quel sens il fallait le prendre.
Il y avait quelqu'un derrière.
Quelqu'un qui l'avait peut-être entendue un peu plus tôt, ou qui l'avait peut-être même espionnée!

-Il... Excusez moi! reprit-elle après avoir déglutit, un peu plus fort malgré sa voix encore tremblante. Il y a quelqu'un ici? Quelqu'un m'entends?
 
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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Mer 25 Mar - 2:40


Abords du Bois de Minuit  ◈  Un beau matin avant la malédiction

Haigha Harrey
La Belle et le Lièvre



   H
aigha se trouvait encore allongé dans l'herbe, les doigts de pieds en éventail bien au chaud dans ses chaussures. Il était rare d'avoir d'aussi merveilleuses journées au Pays des Merveilles, presque aussi rare qu'avoir une journée sans non-anniversaire à fêter. Il y avait des jours très agréables certes, mais si peu à ce point. Un air légèrement plus chaud que tiède, moins de spores de champignons dans l'air que d'habitude, juste assez pour qu'il soit très agréable de respirer et que l'on puisse presque se sentir censé. Le lièvre n'aurait pas manqué cela pour tout le sucre du monde, mais il trouvait le beau temps un tout petit peu ennuyeux. C'était bien plus amusant de lancer des tasses au Chapelier, courir sur les tables, asticoter le lapin blanc et crier après le Chat. Pourtant il restait là sans aucune raison valable. Peut-être parce qu'il n'avait pas envie d'aller chercher du sucre ou de galoper après les trèfles ni de retourner d'où il venait sachant qu'on lui demanderait pourquoi il n'avait pas rapporté ce qu'il fallait, mais c'était bien plus simple que cela. C'était tout simplement l'une de ces nombreuses matinées où vous n'avez envie de rien de particulier et de tout à la fois et qu'il vous est impossible de décider ce que vous préférez. Le lièvre détestait ces matins là. Heureusement pour lui, cela ne devait pas durer.

Dans le bourdonnement des chevaux à bascules volants, Haigha se redressa, entendant une voix. Etrange. Pas tant que ça. L'homme fronça les sourcils. Celle-ci, il ne lui semblait pas la connaitre. Il souffla comme un vieux chien vexé et se laissa retomber dans l'herbe, infiniment las. Ces voix, aucune éducation.

— Je suis occupé, laisse un message au portier, rétorqua-t-il.

~ A qui tu parles ?

~ A toi.

~ Mais non pas moi !

~ Pourtant il parle à quelqu'un.

— Silence ! Je parlais à la nouvelle. Maintenant taisez-vous tous les deux.

~ Je déteste quand il est raisonnable.

~ Déraisonne-le.


~ Comment ?

~ Réveil Jasper.

— Ah non pas lui !

~ Le soleil brille brille brille !

— Silence j'ai dit ! Haigha se retourna aussitôt et commença à se frotter la tête contre le sol avant de s'arrêter subitement et relever les yeux. Attends voir, fit-il en s'adressant à ses méninges. Qui es-tu ? Qui est-ce ? Où ?

Il se redressa de toute sa hauteur et jeta un regard aux alentours. Cela ne sonnait pas comme une voix normale, ou plutôt si, cela sonnait tout à fait comme une voix normale. Dans ce domaine, il s'y connaissait à merveilles, et, pour une fois, il était assez censé pour faire la différence.

— Qui est là ?

~ Ta conscience !

Haigha sursauta et se mit une claque. Fronçant les sourcils. Rester concentré. Cela semblait provenir du miroir. Il huma l'air. Oui, le miroir peut-être, mais non, c'était peu probable. Sans doute une fleur ou une guêpe ou une guêpe piquant une fleur, mais s'il se trompait ? C'était peut-être une jeune fille perdue dans la forêt. Comme Alice. Peut-être Alice elle-même. Et si tel était le cas, à coup sûr le Chapelier lui en voudrait. Mais s'il n'en était rien ? Et que cela soit encore une ruse de ce satané chat ? Fallait-il vérifier ou retourner d'où il venait ?

— Rose rose, rose blanche. Rose thé. J’ai cueilli la rose en branche au soleil de l’été. Rose blanche, rose rose. Rose d’or. J’ai cueilli la rose éclose et son parfum m’endort. marmonna-t-il alors qu'un inquiétant silence lui répondait.

Lorsque les voix étaient parties, ce n'était jamais bon signe.




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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Mer 25 Mar - 17:43



La Belle et le LièvreHaighaxBelle

Le regard de la jeune femme derrière la glace sembla alors se teinter d'incompréhension, avant qu'elle n'ouvre légèrement la bouche comme pour protester ou bien rappeler a l'ordre la personne qui ne cessait de lâcher grognements et soupirs, mais finit par ne rien dire, et se taire, attendant simplement que cela passe. Vint ensuite une voix qui s'éleva de l'autre côté du miroir, surprenant une nouvelle fois Belle dont le souffle se coupa quelques secondes.
Alors c'était vrai...
Un vrai miroir magique, comme elle l'avait déjà lu dans de nombreux livres. Et là, entre ses mains, l'un des objets qu'elle avait toujours crut réservé à celui qui la logeait, et auxquels elle évitait a tout prix d'approcher, tout d'abord car elle craignait sans arrêt la colère de la Bête, mais aussi et surtout car elle savait qu'une fois piquée, sa curiosité ne s'en irait pas avant un bon moment, et en général, c'était ce point là qui lui rapportait quelques problèmes.  

Lorsque la voix derrière le miroir lui pria de laisser un message "au portier", Belle ne réagit pas immédiatement, d'ailleurs, elle ne réagit pas tout court, reculant lentement vers son lit alors que ses pensées vagabondes se rassemblaient peu à peu, jusqu'à s'assoir mollement sur le matelas, réfléchissant aux paroles que venaient de prononcer la voix. C'était un homme, qui parlais seul d'une voix vive et frénétique, son ton était étrange... Changeant, comme si sa voix était enrouée ou bien encore...

-A... A qui parlez vous?

La jeune femme tentait de se reprendre, de se concentrer, de laisser aller sa curiosité qui avait finit par se ressentir au son de sa voix, mais l'homme du miroir l'avait-il vraiment entendu?
Ce dit homme commença d'ailleurs a s'indigner pour une raison totalement inconnue aux yeux de la jeune femme, avant de réclamer a nouveau le silence avec un peu plus de hargne cette fois.
Était-il fou? A parler seul de cette manière? Il devait l'être, à moins qu'il ne lui réponde, mais il ne semblait pas lui parler pour autant...
La brunette prit une grande inspiration dans le but de réitérer sa question, sauf qu'enfin, la voix sembla s'intéresser à elle et lui poser enfin une question digne de ce nom!
Elle l'écouta encore un instant, entre plusieurs secondes de silence intervenait toujours cette voix presque nasillarde qui lâchait des exclamations ou de bribes de phrases totalement hors-contexte... Comment savoir s'il l'écoutait ? Quand pourrait-il donc l'écouter? Il semblait tellement à part!
Belle resta silencieuse un moment, hésitant sur que répondre a cette question en suspens, mais quelques strophes de poèmes vinrent interrompre le lourd silence, un poème sur les roses...
Se sentait-il gêné du vide qu'elle venait d'instaurer?
La jeune femme toussa discrètement quelques coups, à son tour se sentant mal à l'aise, surtout vu que c'était elle qui n'avait pas répondu a ses questions... Il était donc temps pour elle de s'exprimer. Dans une conversation, il devait bien y avoir deux participants n'est-ce pas?

-Je... Je ne sais pas avec qui vous parlez, mais moi je suis là. Enfin... Je ne sais pas où je suis. Pas pour vous, mais disons que ... Je suis à vos côtés.

Belle se tut, créant a nouveau un lourd silence entre les deux, sa respiration était plus profonde et peut-être un peu saccadée, mais son assurance revenait, petit a petit, mais elle revenait, sa curiosité l'emportant lentement sur son malaise et son coeur lourd.

-Je m'appelle Belle. reprit-elle avec deja plus de vie mêmes si sa voix restait incertaine. Et vous... qui êtes vous?

Bonjour, je me présente...
Voilà donc une conversation qui finissait par devenir acceptable.
Peut-être arriverait-elle à évoluer assez pour que Belle réussisse un peu à passer outre son coeur encore lourd.
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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Mar 31 Mar - 16:52


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La Belle et le Lièvre



   A
qui je parle ? Et bien a toi ! aurait bien répondu le lièvre si les autres voix n'avaient pas décidées d'en rajouter. C'était une question absurde. A qui aurait-il bien put parler en dehors de lui même sur cette colline à peu près déserte ? A un cheval ailé ? Aux champignons ? A ce drôle d'homme dans les forêt qui le fixait avec un air terrifié ? Haigha lui adressa un petit signe de la main et retourna à sa dispute avec le fruit de son esprit. Il commençait à trouver cela bizarre d'avoir si peu de résistance de la part de ses chuchoteurs qui semblaient s'être tuent sans qu'il ait eut besoin de le demander lorsque la petite nouvelle refit parler d'elle.

— Pas où vous êtes ? lança le lièvre. Voilà qui est intéressant. On ne me l'avait jamais faite. Vous ne savez pas où vous êtes ? Je ne le sais pas moi-même, mais je crois que vous êtes dans ma tête. C'est spacieux ? Confortable ? Ou souhaitez-vous un peu plus de fantaisie et de bric-à-brac moral ? Pour la fantaisie il faudra repasser, la fantaisie c'est le mercredi. Et le bric-à-brac... Mercredi.

Haigha marmonna une seconde une suite de sons sans queue ni tête, l'air de chercher à se rappeler comment se formulaient les mots. Peut-être avec des "a" ou des "o". Il répéta ainsi quelques voyelles avant de se mettre à réciter son alphabet à la vitesse de l'éclair sous les sifflements tantôt moqueurs, tantôt enthousiastes, de ses voix habituelles.

— Gruyère ! C'est-ça ! s'exclama-t-il soudain. Je vais t-appeler gruyère ! Bonjour, au revoir, à demain, hier, plus tard.

Il se mit à faire les cent pas, ravi de sa trouvaille et répéta ce nouveau nom pour essayer de s'en souvenir. Il y avait désormais Jasper, Jason, Jackie, Jacqueline, Jambon, Gruyère. Oui, c'était logique. Il tourna encore sur lui-même avec l'impression d'oublier un détail, mais se ravisa bien vite. S'il devait avoir oublié quelque chose c'était d'oublier qu'il devait oublier de ne pas trop oublier. En somme, c'était qu'il avait oublié d'oublier quelque chose. Il tourna, toujours plongé dans ses cent pas et releva la tête. Apercevant une nouvelle fois l'étrange homme dans les sous-bois. Il lui semblait que cet étranger était plus gros que tout à l'heure, avec des yeux énormes et des dents de travers. Haigha freina. L'homme le fixait. Il lui adressa un léger signe de la main, mais coucha bien vite les oreilles en reconnaissant le Bandersnatch. Le lièvre revint lentement sur ses pas et ramassa le miroir qui trainait par terre, le calant sous son bras avant de dévaler la colline aussi vite qu'il le pouvait sans avoir l'air de s'enfuir.

~ Il y a de la lumière.

Le lièvre baissa aussitôt les yeux sur le miroir avant de les relever.

— C'est pas le... Il s'interrompit et saisit la glace à deux mains, la mettant juste au niveau de son visage. Oh mon dieu ! fit-il en écarquillant les yeux. Je suis une fille !

A peine avait-il dit cela qu'il s’empressa de vérifier. Non, il n'était toujours pas une fille. Il rajusta son pantalon et se frotta la tête du poignet inclinant le miroir, le reniflant sous tous les angles et le secouant même pour essayer de le vider du nouveau reflet qu'il y voyait. Rien à faire. L'image d'une jeune fille brune dans une bibliothèque restait obstinément gravée sous la surface fissurée. Haigha tendit l'objet à bout de bras, fronçant les sourcils au point que ses yeux aient l'air d'avoir rapetissés et tourna le visage de trois-quart. Cela sentait la magie noire ou il n'y connaissait rien - ce qui était le cas d'ailleurs.

— Qui êtes-vous ?
demanda-t-il d'un ton méfiant. Et que faisiez-vous sous mes pieds ?




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Dernière édition par Haigha Harrey le Mar 14 Avr - 19:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Mar 31 Mar - 22:24



La Belle et le LièvreHaighaxBelle

L'illustre inconnu reprit alors sur ses dernières paroles avec d'autant plus d'enthousiasme qui finit d'ailleurs par détendre un peu la pauvre Belle un peu confuse. Il semblait croire qu'elle était dans sa tête, et prenait relativement bien cette nouvelle comme si il avait simplement appris que le ciel est bleu... Enfin, dans la Forêt Enchantée, car là ou elle se trouvait, il en était autrement apparemment.
L'homme lui demanda alors son avis sur... sa tête. Une discussion étrange qui commençait à tourner bizarrement, mais pour le moment, se changer les idées ne pouvait que lui faire le plus grand bien.
La seule difficulté présente était donc de suivre le fil des idées évoquées, mais encore une fois, la jeune femme fut surprise de voir à quel point il était simple d'y arriver si on se laissait simplement porter par ses paroles quelques peu décousues.
Derrière la glace, Belle se décrispa nettement, couchée sur le dos sur le matelas, son regard habituellement si vif se fit un peu plus doux, fixant un point dans le... "ciel" violet en s'imaginant très clairement son interlocuteur.

-Pardonnez mon intervention, mais je doute être dans votre tête...! Cependant, je suis certaine qu'elle doit être très confortable, vous n'avez pas à vous en faire pour cela. Et de ce que je peux en déduire, la fantaisie n'y manque sûrement pas!

Et son vocabulaire des plus larges ne faisait qu'appuyer ce qu'elle venait de dire. Etait-il fou ? Pour un simple langage fleurit et une utilisation des plus aléatoires ? Non, voyons! Quelques caractéristiques ne faisaient pas d'un homme ce qu'il semblait être! Et si il y avait bien quelqu'un qui pouvait passer outre les différences des gens que certains trouvaient "anormaux", c'était certainement Belle!
Elle ne fit d'ailleurs pas réellement attention aux marmonnements de son interlocuteur, enfin, jusqu'à ce qu'il s'exclame en parlait d'un... De quelque chose qui lui était bien inconnu, mais au nom des plus étranges qui lui arracha une grimace.

-J'ai un nom, merci...! grogna légèrement la jeune femme avant d'esquisser un sourire timide. Vous trouverez bien quelqu'un d'autre à appeler ainsi, ça viendra bien assez vite.

La voix de l'homme sembla alors s'éloigner d'elle, enfin, plutôt du point qui la reliait avec cet autre endroit, et, avouons-le, elle eut un rapide serrement au coeur à l'idée qu'il ne parte trop vite, mais ce fut seulement jusqu'à ce qu'il ne se taise, et à ce moment là, une lueur d'inquiétude naquit dans son esprit alors qu'elle se demandait la cause de ce silence soudain.
La glace du miroir se troubla, comme si on commençait à la déplacer ou bien que quelque chose de brusque n'apparaisse à sa surface, et un visage d'homme prit place à l'intérieur, la fixant avec surprise, sûrement autant qu'elle le fixait par ailleurs.
L'inconnu cru sans doute que le visage qu'il découvrit dans cet objet était le sien, du moins, jusqu'à ce qu'il vérifie, mais lors de ce court instant, Belle perdit tous ses moyens, totalement muette.
Elle observa attentivement chaque réaction de l'autre, son incompréhension, sa curiosité, et sa méfiance, ainsi que chaque mouvement que le miroir faisait entre les mains nerveuses de son interlocuteur. Plus d'une fois, le reflet se brouilla à cause des nombreux mouvements qu'il exerçait sur l'objet, puis après quelques secondes dans un silence pesant, il reprit la parole, lui demandant une nouvelle fois qui elle était, semblant soudainement beaucoup moins jovial.

La jeune femme prit une profonde inspiration, tentant un sourire une peu bancal dans l'espoir de décrisper l'homme du miroir comme il avait réussit quelques instants auparavant, puis elle lâcha simplement après quelques secondes de reflexion:

-Que faisait-donc vos pieds sur moi?

Elle s'humecta furtivement les lèvres, assez satisfaite de sa répartie habituelle qu'elle retrouvait lentement, mais elle n'attendit pas bien longtemps avant de répondre directement à la question principale qui lui avait été posée, à savoir: qui était-elle?

-Je m'appelle Belle, mais si vous préférez, vous pouvez passer outre ce détail. Et vous alors, qui êtes vous donc?

Maintenant qu'elle avait capté son attention, peut-être réussirait-elle à quelque chose après tout?

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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Mer 1 Avr - 1:47


Abords du Bois de Minuit  ◈  Un beau matin avant la malédiction

Haigha Harrey
La Belle et le Lièvre



   H
aigha avait haussée une épaule tendue à la réponse de la nouvelle. Pas dans sa tête, bien sûr, elles disaient toutes ça ! Mais il avait vérifié plus d'une fois les premiers temps et s'était vite rendu compte que les voix ne se trouvaient jamais derrière la porte, au fond des fleuves ou au pieds des falaises lorsqu'il se trouvait au sommet. Cela lui avait valut trois fractures, un rhume et un abonnement à un magazine de voitures - ce qui semblait être le strict minimum pour qu'il parvienne à retenir une leçon - mais désormais, on ne l'y prendrait plus. Toutefois, le compliment lui fit plus que plaisir et il songea un instant que si cette jolie voix décidait de lui en faire plus souvent à des moments impromptus, il aurait désormais encore plus de mal à rester concentré.

— Une voix intelligente, répondit-il. Je vous installerais un canapé.

Il secoua la tête sans prêter aucune attention à ses protestations sur les noms et finit par grimacer en songeant à la possibilité que d'autres rejoignent encore la petite boite déjà bien pleine qui ornait ses épaules. Gruyère II, IV, XVI ? Il finirait par manquer de vocabulaire. Heureusement, la bête des bois lui fit bien vite oublier cette curieuse possibilité. Il s'était éloigné de quelques bons mètres de sa souche à lierre lorsqu'il avait réalisé que la voix n'en était pas une, du moins, pas dans le sens commun. C'était loin d'être une distance raisonnable pour pouvoir laisser un danger derrière soi, mais le lièvre n'utilisait que rarement ce mot. Aussi ne prit-il même pas la peine de regarder dans son dos. La voix... enfin, la fille, avait de la répartie et cela l'intéressait bien davantage. Il se détendit soudain, aussi vite qu'il s'était montré méfiant, et répondit très naturellement, hochant la tête au rythme de ses paroles frénétiques.

— Une excellente question en vérité. Voyez-vous, mes pieds marchaient et il se trouve qu'ils se sont mit à vous écraser vous et votre... il fit tourner le miroir entre ses mains, ayant de nouveau oublié le nom. Tête plate. Les pieds vous savez, on à beau les connaitre ils ne font pas souvent ce que l'on veut quand on le veut. Une fois l'un des miens s'est lancé contre l'arrière-train de quelqu'un. Un malheureux concours de circonstances en somme, mais mon pied s'en est remit. Comment faites-vous pour respirer ? Et quel drôle de cheveux vous avez... il gratta du bout de l'ongle les livres qu'il apercevaient derrière la jeune fille dans le reflet. Sont-ils en Charles Dickens ?


Il ne l'écouta pas vraiment alors qu'elle répétait s'appeler Belle, trop occupé à examiner encore la glace sous tous les angles, ce qui ne l'empêcha pas de répondre sans une seconde d'hésitation.

— Je suis un lièvre, je pense que cela se voit. fit-il en se lissant les oreilles. Un lièvre, que dis-je ? Le lièvre. Le seul, l'unique et il en existe cent comme moi. Vous avez vraiment la tête plate et ronde... Très ronde. Haigha, Lièvre de Mars, c'est comme cela que l'on m'appelle. Mais ce n'est pas mon nom, personne n'a de nom dans cette région et ceux qui le savent disent juste Haigha ou le lièvre. Si tu veux me demander mon vrai nom, il faudra attendre une autre fois, car aujourd'hui je le connais et que je n'aime pas rapporter.

Il marqua une pose et toqua au miroir du dos de l'index.

— Comment es-tu rentrée là-dedans ? Es-tu née comme cela ? C'était quand ?




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Dernière édition par Haigha Harrey le Mar 14 Avr - 19:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Mer 1 Avr - 17:42



 
La Belle et le LièvreHaighaxBelle

 
La jeune femme ne put retenir un discret sourire en coin d'étirer ses fines lèvres alors que l'homme du Miroir lui faisait un compliment, ou du moins, lui adressait une remarque qui avait tout d'un compliment.
C'était peut-être un peu maladroit, mais cela ressemblait fortement aux compliments que les enfants adressaient aux "grandes personnes" lorsqu'ils avaient un égo ou une fierté surdimensionnés, un peu réservés, un peu hautain, mais étrangement, d'une rare sincérité. Alors comme ça, elle était "une voix intelligente"? Inhabituel, mais c'était sûrement ce qui en faisait son charme non? Cependant, la remarque du canapé fit hausser un sourcil amusé à Belle qui ne fit aucuns commentaires sur le moment, histoire de ne pas paraître trop mal-élevée aux yeux de son correspondant.

-Un canapé ? Quelle délicate attention, je vous en suis reconnaissante! finit-elle par répondre avec plus d'amusement dans la voix que de réelle reconnaissance.

Attendant patiemment que son illustre inconnu ne reprenne la conversation, la servante se tourna lentement sur la droite, couchée de côté sur son lit, le miroir toujours tenu bien droit à quelques centimètres d'elle. L'homme qui lui parlait était... distrayant, au moins, il avait le mérite de la faire souffler un instant après son altercation pas des plus agréables. Cependant, devoir parler à un reflet flou ou encore à un ciel mauve parsemé de délicats nuages n'était pas des plus agréables, et tout naturellement, la brune en vint à se demander à quoi pouvait donc ressembler son mystérieux interlocuteur. Petit? Grand? Nerveux en tout cas, donc sûrement pas bien gros. Peut-être grand, avec une voix si ... volatile, ce devait sûrement être le cas. Quoi d'autre? Le regard vitreux? Fuyant? Un peu fou? Vif? Il y avait tant de possibilité... Coiffé? Ou pas? Plutôt pas, n'importe quel habitué des voix désincarnés ne se coifferait pas pour rien au monde! Quoi que, pour plaire à une femme, les hommes faisaient toujours tout pour plaire aux femmes, ou plutôt, à l'unique femme qui existait à leurs yeux. Mais était-ce une priorité pour ce genre d'hommes?
Irrémédiablement, Belle ne put s'empêcher de dériver vers "La Bête" qui, derrière cette porte, devait sûrement avoir arraché quelques rideaux ou bien encore cassé plusieurs vitrines sur le coup de la colère... Comment aurait-elle réagit si elle avait appris que sa protégée discutait impunément avec un inconnu pour rompre son isolement? Lui, si possessif?
À cette pensée, la jeune femme ferma les yeux pour réprimer un frisson: mal. Qui sait ce qu'elle lui aurait fait? Et à cet homme qu'elle-même ne connaissait même pas? Peut-être devrait-elle plutôt... remettre l'objet là ou elle l'avait trouvé, et ne plus y toucher. Peut-être aurait-il mieux valut pour eux deux?

Lorsqu'elle revint à elle, ce fut pour enfin apercevoir le visage de son Homme du Miroir, et une fois la surprise passée -qui devait tout de même bien se ressentir sur son visage-, elle détailla attentivement les traits de ce dernier.
Un large front, de petits yeux perçants, un long et fin nez ainsi qu'une bouche particulièrement fine. Pour ce qui était de la carrure et de la taille, elle semblait avoir touché juste, et il en était de même pour l'expression du regard. Un peu folle, vive, il semblait ne pas savoir quoi regarder ni quoi fixer, comme les enfants devant un magasin de confiseries. Mais contrairement à ce qu'elle s'était imaginée, il semblait plus musclés que ce qu'elle avait cru, enfin, elle n'allait pas s'en plaindre non plus.
Elle esquissa d'ailleurs un nouveau sourire lorsque cet homme qui avait désormais un visage commença alors à lui parler de ses pieds qui semblaient avoir une vie propre à eux seuls: quelle étrange vision des choses! Mais il devait avoir raison, mieux valait voir la vie sous ce bon angle que de se préoccuper de détails inutiles que ne faisaient que nous nuire!

-Oh oui, je sais ce que c'est, les pieds. J'en ai aussi vous savez? Ils n'arrêtent pas de se cogner aux coins des meubles et des murs, c'est bien malheureux non?

Tant de légèreté... Cela avait quelque chose de rafraichissant quelque part!
Un nouveau mot attira l'attention de la jeune femme qui fronça encore une fois les sourcils: Charles Dickens. Intéressant, cela ressemblait à un prénom, Charles, c'était bien un prénom pas vrai?

-Charles Dickans? Qui est-ce? Un magicien peut-être? -elle plissa légèrement les yeux mais ne tarda pas à reprendre en se levant de son lit- Quant à cela, se sont des livres. Regardez par vous-même.

Belle tourna le miroir de façon à ce que la glace reflète les nombreuses rangées de livres qui ornaient les murs de sa chambre, le déplaçant lentement de gauche à droite pour qu'il balaie la plus grande partie de ces quelques merveilles des quatre coins du monde. Elle remit ensuite l'objet face à elle, et le regard comme absorbé par ses lectures, dit d'une voix lente et dans laquelle on ressentait tout son émerveillement:

-Et si vous voulez mon avis, se sont bien les plus belles choses que ce monde puisse comporter...!

Elle resta ainsi quelques secondes, rêvassant sur ses précédents romans, ses livres favoris et les écrits les plus passionnants qu'elle connaissait. Tous lui permettaient de s'évader un peu dans ce monde ou elle vivait recluse... Mais à présent, peut-être avait-elle trouvé quelqu'un d'autre?
Son attention revint sur l'Homme du Miroir alors qu'il commença à se présenter, se définissant comme un lièvre -ce qui amusa à nouveau la jeune femme-, ou plutôt, comme Le Lièvre, ce qu'elle reconnut d'ailleurs par une légère grimace qui reconnaissait les dires de l'inconnu. Un lièvre... Pourquoi pas? Après tout, on traitait bien celui qui la logeait de Bête n'est-ce pas?

-Et bien enchanté, Monsieur Le Lièvre. répondit-elle aimablement en inclinant poliement la tête, comme aurait put le faire une princesse distinguée. Sachez que, pour votre gouverne, je suis tout aussi plate que vous, et que ma tête... Est loin d'être ronde! C'est sûrement vous qui avez une tête bien trop... Allongée!

Elle fit une courte pause, son air légèrement pincé laissant rapidement place à son habituel air dégagé et lueur de malice au fond des yeux:

-Par contre, je crois savoir d'où viens le malentendu...

Belle balaya la pièce du regard, cherchant des yeux un quelconque miroir qui aurait put lui servir pour refléter le reflet du "Lièvre", puis après avoir trouvé ce qu'elle cherchait, elle s'en approcha rapidement avant de tourner la glace face à celle accrochée contre le mur, que l'autre puisse s'y voir, lui-même encadré, tenu par celle avec qui il discutait.

-Vous voyez? Vous-êtes autant dedans que je suis à l'intérieur. fit simplement remarquer la jeune femme en fixant le reflet de l'autre dans le grand miroir, un sourire aux lèvres. C'est comme... Une fenêtre, une fenêtre entre nous deux, je vous vois, vous me voyez, mais nous ne sommes pas du même côté... Vous comprenez?
 
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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Sam 18 Avr - 0:43


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   U
n franc sourire apparut sur le visage du lièvre, ravi de voir que la jeune fille était d'accord avec lui. Arriver à cette entente avec le Chapelier ne lui était pas souvent arrivé, les désaccords étant la base d'un bon salon de thé. Il y avait tout de même un petit quelque chose d'agréable à ce que quelqu'un partage votre point de vue, du moins, tant que vous n'en changez pas.

— Oui ! s'exclama-t-il. Vous avez remarqué ! A croire qu'une entité supérieur voudrait que nos orteils deviennent des meubles. Je crois que les miens sont très attirés par les pieds de table et les armoires. Les vôtres sont peut-être des murs ou bien des soldats qui voient grands.

Il plissa les yeux et fixa la tête plate d'une façon un peu trop appuyée pour être très rassurante tandis que le dit visage disparaissait pour lui montrer ce qui, dans une autre vie, lui aurait rappelé une bibliothèque. Concentré de toute sa déraison, Haigha se demandait comment un si vaste espace pouvait tenir dans une si petite feuille brillante qui, quelques minutes plus tôt, les avaient reflétés lui et le soleil. Il y avait là un miracle qui devait tenir de la haute sorcellerie et plus d'une de ses voix lui conseillèrent de bruler tout ça, sacrifier un coq et chanter jusqu'au matin histoire de ne plus avoir à en parler.

— Encore faut-il trouver un coq... marmonna-t-il. C'est un nom que j'ai lu sur un livre. Et il se disait célèbre du temps d'avant mon époque. Plus ou moins. Quel lieu est-il dans votre pays ? Car j'ai perdu le compte en même temps que le mien.

Mais il n'eut pas le temps de détailler ce point qu'il lui fallait se présenter et il cligna une ou deux fois des yeux à la réaction de son interlocutrice. Tout à fait indigné.

— Ah non pas monsieur ! grogna-t-il. Il est fort improbablisime qu'un lièvre soit monsieur, même si cela l'est toujours mieux que madame. Messieurs est une personne distinguée et bien vêtue qui connait la société comme le revers de ses souliers. Or, les lièvres non ni souliers ni pensée d'importance aussi peuvent-ils être que chassés et rôtis sans qu'on les appelle par le plus petit des titres humains. Question de respect du calendrier zoologique.

Dans un bref éclat de surprise, il lâcha soudain le miroir en voyant son visage se refléter de nouveau à l'intérieur. Par chance, l'objet atterrit sur une motte d'herbe sans se briser et le lièvre se pencha pour regarder. Il se laissa presque aussitôt tomber à terre et se mit à humer la surface lisse de la glace. Quels maléfices étaient-ce donc ?

— Un reflet dans un reflet sans reflet. Ce reflet est fou ou c'est son reflet qui l'est. Ne peut-il donc pas se décider ? On tranchera pour lui si ce n'est déjà fait. Couik ! fit-il en glissant rapidement l'ongle de son pouce au travers de sa gorge. Est-ce de la magie ? De la sorcellerie ? Qu'elle est la différence entre les deux ? Et si votre fenêtre n'ouvre pas sur sa porte je ne vois pas en quoi elle peut l'être. C'est à n'y rien comprendre... où avez-vous trouvez cette chouette ?

Y avait-il seulement la moitié de ces questions auxquelles Gruyère pouvait répondre ? Il espérait que non, ou la bienséance du lièvre aurait voulu qu'elle garde la solution pour elle.




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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Sam 18 Avr - 16:25



La Belle et le LièvreHaighaxBelle

Un sourire presque attendri étira les lèvres de la Belle lorsque son interlocuteur sembla d'accord avec elle, bon, à sa manière évidemment, en rajoutant ou oubliant des mots plus ou moins importants, mais le début de la phrase laissait assez facilement deviner l'avis général de l'homme qui se prenait pour un lièvre. Tant que, évidemment, on le considérait comme un homme et non comme un léporidé au vocabulaire particulièrement fleuri.
C'était sûr que pour lui changer les idées, il n'y avait pas mieux que cet "homme" était sûrement le mieux placés pour y arriver. Mais c'était intriguant à quel point, malgré son apparente fantaisie, il semblait bien se débrouiller. Il était fin, c'est vrai, mais ne semblait pas non plus en train de mourir de faim, et côté psychologique, il ne semblait pas particulièrement blessé. Il devait vivre avec un entourage réellement compréhensif ou encore vraiment très fou pour qu'il soit aussi... "frais". A moins, qu'encore, il n'ait réellement aucune conscience des possibles remarques désagréables que les autres pouvaient avoir envers lui.
Ce qui était tout de même une bonne chose en soi, ne pas craindre le regard des autres, quoi de mieux dans ce monde ou chacun n'attendaient que que vous ayez le dos tourner pour raconter des choses sur vous.

-Dure vie, n'est-ce pas?

Pour leurs pieds, évidemment.

Lorsque Haigha s'approcha de la glace pour la fixer attentivement d'un regard plus que douteux, il fallait l'avouer, la servante ne put qu'avoir un léger mouvement de recul en fronçant un sourcil, tout de même assez intriguée par les réactions qu'avait soudainement son interlocuteur. Est-ce qu'elle tentait de le comprendre?
Evidemment, et cela même si elle se doutait que suivre le cheminement de pensées et de réactions dans la petite tête étriquée du "lièvre" n'était pas chose aisée. Décortiquer, comprendre, deviner, saisir le sens de quelque chose... Une véritable passion, voir même un tic, mais comment pouvait-on seulement profiter de la beauté de quelque chose si on ne pouvait pas le comprendre? Un diamant par exemple ne devenait-il pas plus beau lorsque l'on savait que chaque éclat qu'il possédait lui était dût à des siècles et des siècles de création, que chaque lumière qui s'y reflétait le pouvait grâce à un tailleur minutieux qui, à l'aide minuscules instruments, passa des heures sur cette petite merveille... N'était-ce d'ailleurs pas pour cette même raison que les objets vieux qui avaient été tenus par des dizaines de générations et de familles différentes étaient plus convoités ?
Connaître et comprendre quelque chose pouvait révéler sa beauté, et cela, qu'importait s'il s'agissait d'une roche, d'un lieu, ou d'une personne.

L'autre se mit alors de parler... de poules? Non, de coq, autant pour moi. Mais dans les faits, cela ne fit aucunes différences, et Belle fronça à nouveau les sourcils, encore interloquée par ce qu'il venait de dire. Cependant, elle n'eut pas le temps de s'y attarder que le Lièvre se remit à parler du nom qu'il venait lui-même de citer, en expliquant qu'il l'avait vu sur un livre, un nom célèbre...
Un écrivain?
Comme réaction immédiate, les prunelles noisettes de Belle s'illuminèrent d'une lueur nouvelle, mélange de curiosité et d'émerveillement, et à peine eut-elle ouvert la bouche pour poser quelques questions sur cet auteur dont elle n'avait jamais entendu parler que l'homme enchaînait déjà, sur des sujets bien plus fantaisistes que précédemment. Alors la jeune femme se tût, avec un petit sourire réservé alors qu'elle observait l'autre s'en aller dans ses divagations.
Tant pis.
Voila qu'il s'indigna ensuite sur le fait qu'elle l'avait appelé "Monsieur", oui, c'est vrai que pour un lièvre le terme était des plus incongrus... Comme quoi...!
Belle haussa les sourcils, à nouveau amusée par le "jeu" de son interlocuteur, ce petit air espiègle à nouveau présent illuminant son visage qui s'était quelque peu assombrit, elle répondit très humblement, quoi que le ton fut un peu forcé, mais ce n'était certainement pas dans un but des plus mauvais, tout en s'inclinant légèrement comme l'aurait fait les "grands" de ce monde:

-Alors dans ce cas, veuillez m'excusez Haigha. C'est vrai que maintenant que vous me le faites remarquer, le terme n'est clairement pas approprié! Cela ne se reproduira pas, vous avez ma parole!

Elle leva un oeil amusé sur la glace et sur le petit lapin vexé, observant discrètement sa réaction, mais cela ne dura pas longtemps car quelques secondes plus tard, l'image disparu pour laisser un instant place à son propre reflet, puis ce fut une sorte de... cacophonie de couleurs et de bruits presque assourdissants qui firent faire la grimace à la jeune femme lorsque celle-ci se redressa. Une fois cet étrange spectacle terminé, Belle vérifia tout de même que la glace n'était pas brisée, puis l'apparition d'un... "Nez" sauvage sur le verre la fit sursauter, avant que la voix de l'homme ne se fasse nouveau entendre alors qu'il continuait ses probabilités en partant cette fois sur le fonctionnement de l'objet qu'il était en train d'utiliser.
C'est vrai que lorsque l'on y réfléchissait, ce petit miroir était bien quelque chose de passionnant. Tant de possibilités, tant d'ouvertures sur le monde, elle aurait même put voyager sans sortir de sa chambre grâce à cela, mais non. Il fallait qu'il appartienne à ce Lièvre... Après tout, ce n'était pas une mauvaise chose, il semblait plutôt gentil. Dans son genre.

Sans s'en être réellement rendu compte,Belle s'était reculée jusqu'à son lit avant de se laisser glisser jusqu'au sol, assise au pied de son lit alors que son dos s'appuyait sur ce dernier, sa robe bouffante créant autour d'elle une sorte de gros coussin d'air sur lequel elle posa le miroir.

-Je pense qu'il s'agit là d'une puissante magie, assez pour traverser la distance, et qui sait? Peut-être même le temps! Non, ce dit être vraiment... Quelque chose d'unique...!

Un léger sourire se dessina sur son visage alors que son regard semblait se perdre dans le vide, caressant en même temps de son pouce les bords décorés du précieux miroir alors qu'elle se perdait peu à peu dans ses pensées.
Bon, elle venait là d'ignorer une grande partie des questions de son interlocuteur, mais quitte à essayer de le comprendre, il fallait déjà qu'elle commence par comprendre les phrases sensées qu'il lui adressait.
Mais elle se débrouillait plutôt bien, non?

-Dîtes moi, reprit-elle soudainement en sortant de ses pensées, sans pour autant fixer le... nez qui s'affichait sur la glace, pensez-vous que vous connaissez un endroit où il pourrait être caché ensuite? Une fois que nous aurons finis, je ne sais pas... Vous avez une mai... Un terrier peut-être? Vous comprenez, c'est quelque chose de précieux, il faut le cacher des... Des "pissenlits". On ne dirait pas, mais ils sont très vicieux en réalité..!

Ce premier essai n'était pas franchement concluant... Mais autant essayer de se mettre du même côté de la barrière que son interlocuteur, n'est-ce pas? Et puis essayer de se projeter ainsi lui changeait aussi les idées, elle n'avait plus à se concentrer sur la prochaine réaction de son Maître, mais sur sa prochaine parole, tout en faisait attention à n'utiliser aucuns termes trop "humain"...
Un Challenge intéressant, non?

-Alors? Conclusion? finit-elle avec un discret sourire, espérant qu'elle n'avait pas tapé faux avec sa précédente réplique.

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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Lun 4 Mai - 17:51


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   S'
il fut relativement attentif lorsque la jeune femme lui adressa sa théorie sur le miroir, Haigha perdit tout sérieux à la seconde même où elle prononça le mot temps. Il releva soudain la tête et partit dans un grand rire tout à fait étrange que même un damné n'aurait pas osé avoir. C'était une série de bruits gutturaux aux notes suraiguës assaisonnés de mots perdus. Malgré ce grand éclat, le visage du lièvre restait curieusement figé, comme à moitié paralysé, seules sa bouche s'ouvrit, de façon très indépendante et des petites rides apparurent au coin de ses yeux. Il rit ainsi à gorge déployé durant une minute à peu près et se tut soudain, serrant les mâchoires avec une mine de six pieds de long.

— Le temps est mort annonça-t-il sombrement, juste une seconde avant de se mettre à fredonner. Mort, mort, mort sur sa couverture d'instant. Mort, mort, mort assassiné par un tueur de temps. C'est une question curieuse, reprit-il s'adressant à ses voix. Deviens-t-on ce que l'on tue ? Pourquoi ? une seconde. Mais pourquoi pas ? Le temps se fait tuer par un tueur de temps, le tueur de temps devient connu et vu que le temps est mort on ne s'en souvient plus. Il y eut encore une seconde, un peu plus longue. Tu vois que j'ai raison, maintenant tais-toi je parle.

Il resta encore un instant à fixer la jeune femme avant d'agiter les mains au-dessus de sa tête comme pour chasser des papillons un peu trop collants. Laissant retomber ses bras en croix devant le miroir il s'allongea dans l'herbe et regarda Gruyère qui lui posait une question.

— Cacher quoi ? lança-t-il avant d'avoir un nouveau rire, bien plus bref. Les pissenlits ? J'en mange dix au petits déjeuners et encore la saison à raté la marche la semaine dernière. Il eut soudain un regard mauvais. Que leur voulez vous ? Vous voulez les tâcher ? Comment osez vous ? C'est ça ! Parlez femelle et qu'ils ne vous entendent pas où ils pousseront sous terre et je ne les trouverait plus. Vous voulez la mort du jaune ? Mais il y en a dans votre ciel et votre monde.

Il se tut et regarda dans le vague une minute, en grand conciliabule avec lui-même. Au bout de quelques instants il rebaissa les yeux vers le miroir et pencha la tête, baissant une oreille. Toujours silencieux, il se mordilla la lèvre jusqu'à sentir un goût métallique lui envahir la bouche et finit par trancher.

— Adjugé ! La cour vous fait grâce, mais ne le dites pas ou vous aurez la tête coupée. C'est ce qui se fait ici et j'ai déjà perdu la mienne trois fois. Quatre. Les arguments étaient rudes, mais il parait que vous devez juste penser. Quand à cacher si ce n'est pas un œuf poché ou une boite à souris de fichu... il regarda à droite à gauche, s'approcha un peu plus de la glace et chuchota le plus bas possible, chat, avant de reprendre, je sais une réponse qui serait fausse pour la votre. Voulez-vous l'entendre ? Car je n'en donnerais pas d'autre.




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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Mer 6 Mai - 22:30



La Belle et le LièvreHaighaxBelle


Le rire plus qu'inquietant qu'eut Haigha lorsque la jeune femme évoqua le temps provoqua chez elle un mouvement de recul alors qu'elle commençait à se poser quelques sérieuses questions.
D'accord, il était fou, mais elle avait cru comprendre que ce n'était pas ce genre de folie, non...?
À moins qu'elle ne se soit trompée, ou que l'esprit du "Lièvre" était bien plus toqué que ce qu'elle avait imaginé.
Seulement, même si ce rire presque dément l'avait aisément fait frissonner, elle ne fit pas la moindre remarque en observant tout simplement ce qu'il allait se passer par la suite.
Ce fut l'ordre qu'il lui donna, l'ordre se taire pour être plus précis qui refroidit immédiatement la jeune femme, brusquement ramenée non seulement à sa condition de servante, mais en plus à son maitre cruel...
Combien de fois il lui avait dit cela? Beaucoup, beaucoup de fois.
Avait-elle respecté cet ordre? Tout dépendait de la situation, mais même si elle finissait par s'exécuter, cela n'avait jamais été entièrement consentant.
Plus d'une fois elle lui avait répliqué quelque chose, lui renvoyant dessus sa propre réputation de Bête ou ses défauts dont il était les moins fiers, ou encore lui démontrant sur le même ton qu'il avait tort et elle raison.
Que voulez-vous? C'était une forte tête, et même si dévouée et attentionnée, il lui avait fallut du temps pour tout accepter. Et si c'était resté aussi simple, peut-être n'aurait-elle rien eut à redire, rien sur quoi s'apitoyer, mais non, ce n'était pas le cas. Le temps était passé, et cela faisait déjà plusieurs mois qu'elle vivait ici. Elle avait appris à connaitre son hôte, ses manies, ses clients, ses visiteurs, mais leurs disputes et prises de tête n'en restaient pas moins nombreuses. Ajoutez à cela le fait que sa famille lui manquait, et voilà que vous avez résumé tous les tourments de notre Belle.

Ainsi, silencieuse, Belle l'observa agiter les mains dans tous sens avant de se mettre à défendre les pissenlits, affirmant qu'elle ne devait pas en parler car s'ils l'entendaient... Il pousseraient sous terre. Cette dernière remarque fit hausser les sourcils à la jeune femme, mais de façon à ce que son visage prenne un air à la fois désolé, attristé, mais aussi amusé. Chose étrange oui, deux expressions a la fois, de quoi troubler les simples d'esprit.
Quelque part, c'était adorable de le voir ainsi prendre tout comme... Un jeu. Des pissenlits à l'écoute et le meurtrier du temps en cavale... Que d'aventures qu'il devait vivre! C'est fou tout de même jusqu'où pouvait aller la pensée, de sorte à se déformer pour créer les rêves, les émotions, et même la folie! D'ailleurs, l'imagination n'était-elle pas qu'une... Extension de celle-ci?

Son expression franche et amusée disparue, elle continua pourtant à écouter l'autre accepter sa demande, un sourire poli aux lèvres malgré toute les fantaisies du discours de l'homme. Il parla d'un chat, et de têtes coupées, le tout en acceptant sa proposition -si elle avait bien suivie-, car pour tout avouer, elle n'était plus vraiment à l'écoute de son correspondant. Attentive, elle s'attendait à tout moment de voir débouler dans sa chambre son Maitre mécontent, la prenant par le bras en la surprenant discuter avec un homme qu'il ne connaissait pas pour l'emmener passer une nuit dans les cachots. Ses pas résonnant dans le couloir lui semblaient si réels, si proches, encore une crise de colère qui avait dut briser quelques vases ou meme des vitrines et des chaises... Et elle, qui discutait... Quelle joie!

-Oui oui.... Heu, excusez moi? Vous disiez? dit alors la servante en sortant de ses pensées, cherchant vitesse grand V ce que l'autre avait pût lui dire avant qu'elle ne reprenne, presque soulagée: Oui, évidemment, dites moi ce dont il s'agit.

Ou l'art de la mémoire immédiate.

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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Lun 11 Mai - 23:34


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La Belle et le Lièvre



   L
a jeune apparition resta silencieuse pratiquement tout du long du court palabre de l'animal. Un calme soudain qui n'aurait sans doute pas manqué d'être remarqué par n'importe qui au-delà de Wonderland, mais suivre sa propre "raison" au pays des fous était déjà suffisamment compliqué pour que l'on ne se préoccupe pas de celles des autres. Aussi Haigha ne fit-il aucune remarque, à ce qu'il n'avait pas remarqué. Parler et écouter des voix était bien plus important. Aussi n'eut-il pas une seconde d'hésitation lorsqu'il se figea soudain pour réfléchir, le regard vide, à la réponse distraite de la jeune femme. Il lui avait promis un faux, cela demandait un peu de concentration. Lorsqu'il eut enfin tourné la réponse de sa bonne façon, il ouvrit grand la bouche et prit une longue inspiration avant de se lancer.

— Il s'agit d'une vallée pleine de valets cartonnés, d'une cour de reine qui ne saurait être carrée si deux de ses côtés n'étaient coupés pour s'arrondir en joues bien accordées, d'un parterre de damier sur lequel marchent chaque jour cent cavaliers et dix-neuf tours, d'une citrouille qui passait un jour et fut nommée attraction des verres à pieds, de la niche vaste et haute d'un oiseau qui ne crie que pour vous attraper, du sommet de l'arbre tordu d'un hibou qui vivait là jusqu'à ce qu'un mauvais vent de passage fréquent sur les sommets l'emmène dans un tout autre platane en lui volant ses ailes, d'une falaise d'où par trois fois je suis tombé croyant qu'on m'appelait d'en haut, d'en bas et de côté et où plus depuis trois ou quatre cents ans je me suis rendu, d'une table couverte de couverts qui voit passer invités frappés et frappant tête, table, chaise, sol, tasse à grand coup de colère sans peser mesure de la probable casse qui survient toujours à l'heure du thé. Il s'agit aussi de choisir les places les plus courantes et praticables, comme les prés, les maisons, les rues, les places, les marchés, les devantures, les forêts, les rivières, les repères, les tanières, les quartiers du blanc et du rouge côté, les jardins, les fougères, chez les bêtes qui ronronnent et toutes celles qui parlent, chez celles qui peuvent voir et dans les poches de tous ces gens bien sûr ainsi que dans tous les recoins de leur nature. Il y a aussi à prendre en compte que les terres peuplées d'ici sont les impeuplables de là-bas il convient donc de considérer ce qui se pratique comme ce qui ne se pratique pas et ce qui est pratique comme ce qui ne l'est pas ce qui nous ajoute les troncs d'arbres, les sous-sols, les dessous de meuble, les fissures dans les rochers, les hautes montagnes, les mottes d'herbe, les salles piégées, les ruines, les faces cachées de la lune et du soleil, ce qui me fait penser qu'il existe aussi les lieux impossibles que l'ont trouve ici sous les sabots des ânes, et il y en a beaucoup, par contre je ne saurais vous dire lesquels aussi contentons-nous d'ajouter quelques rochers et nuages. Il s'agit aussi des lieux à grand niveau de perdition, non pas mortelle, car ici comme partout la mort est quotidienne, ni mentale puisque l'ensemble de cet endroit l'est, mais bien de perdition locale car on ne saurait rien y récupérer ou y différencier. Cela nous donne les salles de miroir, les rivières de diamant, les espaces transparents et les villes à jumeaux, les cadres de fenêtres et les ruisseaux il faut aussi compter tous ce qui pourrait l'abimer ; les dessous de pieds, les cheminées, les lieux à tous les vents, pluies, grêlons, orages, déserts, entre les marteaux et enclumes qui ici ne sont pas des plus courants, parmi les vole-planés, dans les gamelles de pâtés, sous la suie, la boue, la terre, d'autres morceaux de verres car cela pourrait rayer et m'abimer autant qu'il le serait. Enfin il ne faut pas oublier que c'est un objet qui ne se range pas partout on pourrait le mettre dans des espaces trop grands ou trop petits, des dé à coudre, des verres à cognac, des lacs sans fond, des océans, des marais, des prairies et tous ces lieux sans repères, ainsi que dans les lieux où on l'oublierait comme les oreillers qui seraient imparfaits si en s’allongeant dessus on ne pouvait briser ce qui se trouve dedans ou les trappes cachées dans des recoins secrets qu'on fini par ne plus retrouver. Maintenant qu'il fut considéré une minuscule petite partie de ce qui serait faux pour votre réponse à ma réponse nous pourrions passer en revue ce qui ne le serait pas, mais il faut avouer que j'ai beau chercher et creuser bien peu de lieux correspondent à cette définition, je suis quelqu'un de distrait et admet n'avoir pas toujours les idées claires, aussi conserver une chose à l'abri des regards s'avérerait aussi stupide de ma part que monter sur une montgolfière tirée derrière un char par les mêmes indénombrables éléphants qui traversèrent les Alpes, mais si vous y tenez je pourrais vous dire ce qui est le pire endroit pour faire ce que vous ne voulez pas que je fasse de ce miroir, car j'avoue être moi-même intéressé à l'idée de vous revoir sans avoir à passer par ces prés jusqu'à ce que ma marche vous trouve par hasard. Non ? Poule. Gruyère. Pomme.

Haigha referma la bouche, agita le nez et fixa la jeune femme dans le miroir en attendant qu'elle approuve ce qu'il venait de dire. Il s'était sans doute quelques peu mélangé dans ses paroles, après tout, l'exercice n'était pas des plus aisés, mais il lui avait semblé avoir fait là une liste non exhaustive tout à fait correcte de ce qu'il avait promis de répondre.




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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Jeu 14 Mai - 16:21



La Belle et le LièvreHaighaxBelle


Pour tout dire, Belle tenta tant bien que mal de suivre les divagations de son nouvel interlocuteur, réussissant plutôt bien à suivre au départ même s'il fallait avouer qu'elle ne comprit pas la logique de grand chose, elle perdit cependant le fil à plusieurs reprises durant la longue tirade du Lièvre qui semblait très clair de son côté. Il aurait aussi bien put dire "un plus un égal deux" que son visage semblant aussi sincère que s'il s'agissait d'une évidence n'aurait sûrement pas changé. C'était étrange, il fallait le dire, mais c'était surtout très libérateur.
Changer ainsi d'air pour quelqu'un comme ce "Lièvre" la changeait réellement de son bien sombre hébergeur. Une bouchée d'air frais pour elle qui n'avait pas put sortir et voir du monde depuis bientôt trois mois, depuis la dernière fois qu'il l'avait autorisé à sortir en clair.
Mais malgré tout son bon vouloir, elle ne put tenir jusqu'à la fin, et décrocha bien des fois en reprenant alors le train en route avec plus ou moins de réussite cependant.
Au fur et à mesure que son interlocuteur parlait encore et toujours, le sourire de la Belle s'étirait lentement, prenant une sorte d'expression à la fois attendrie, et amusée, ce genre d'expression qui signifiait aussi que l'on ne faisait pas réellement attention à ce qu'il se disait, et ses sourcils se fronçaient petits, l'un plus que l'autre, alors qu'elle se demandait vraiment jusqu'où il était capable d'aller pour sa réponse qui "serait fausse pour la sienne".
Loin.
Ce fut là ce qu'elle finit par déduire assez rapidement, mais ce ne fut pas pour autant une raison pour qu'elle se désintéresse de lui.
Ainsi, lorsqu'il termina enfin sa longue tirade, on pût dire qu'elle avait plus ou moins réussit à comprendre de quoi il était question, ce qu'il lui avait expliqué, enfin, elle le pensait, et ce qu'il venait de lui dire lui avait tiré un sourire en coin qui lui, était effectivement très doux.
Toujours assise par terre contre son lit, les bras croisés et le miroir appuyé contre ses jambes relevées vers elle, Belle leva une main pour se frotter légèrement le bas du visage, essayant de voir où voulait en venir son interlocuteur et si ce qu'il disait n'était qu'un nouvel effet de sa folie apparente ou bien si c'était son coeur qui parlait cette fois.

"Tu réfléchis trop ma fille!"

Voila ce qui s'imposa alors dans son esprit: l'image de son père lui démontrant avec une naïveté touchante que la vie était bien plus belle et bien plus simple que beaucoup l'imaginaient, comme elle. Il lui en avait donné des conseils, et celui-ci avait probablement été celui qu'elle écouta le moins, bien trop vexée de cette remarque qui pour elle sonnait telle une critique. Mais aujourd'hui, elle allait l'écouter. Cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas suivit, mais en présence d'un fou, pouvait-on seulement s'imaginer que réfléchir serait la meilleur des solutions?

-Et bien... Il en va de même pour moi, cher Lièvre. avoua alors la Belle d'une voix quelque peu hésitante. Ce serait un plaisir de vous revoir.

Elle se tût quelques instants, réfléchissant encore et toujours avant d'ajouter, soudain bien moins crispée qu'auparavant:

-Faites comme vous le sentez, je pense que cela vaudrait mieux ainsi! Vous devez avoir une idée de quoi en faire, et vous êtes le mieux placé pour le savoir. Il faut juste que vous puissiez le retrouver et que peu de personnes y touchent, mieux vaut ne pas l'abîmer.

Et pourtant, elle ne doutait pas que le Lièvre à qui elle parlait ne tarderait pas à l'abîmer de lui-même.
Mais qu'il le fasse ou pas de toute façon, elle venait de découvrir là un moyen de s'échapper de sa prison d'or et d'épines aux pétales rouges sang, et cela, sans même que son détenteur n'y puisse rien. Alors elle n'allait sûrement pas se décourager pour si peu.


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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Dim 5 Juil - 10:47


Abords du Bois de Minuit  ◈  Un beau matin avant la malédiction

Haigha Harrey
La Belle et le Lièvre



   S
i son interlocutrice fut perdu par son long listing, le lièvre ne le remarqua pas, ou, du moins, n'y fit pas attention. S'il l'avait fait il aurait été certain que son discours aurait été encore plus éparpillé, ponctué de mots sans raisons lancés à plein poumons dans l'idée qu'ils attireraient l'attention dissipée. Heureusement, ce ne fut qu'une fois qu'il eut fini qu'il se mit en tête de surveiller la réaction de la jeune femme. Une réaction pour les moins menaçante puisqu'elle lui adressa un sourire digne du chat du cheshire.

Haigha plissa le nez mais ne fit aucun commentaire. Il se contenta de scruter intensément le visage du miroir comme s'il y cherchait une verrue. A vrai dire, il n'avait pas besoin d'en chercher puisqu'il avait déjà trouvé un petit bouton disgracieux logé sous le sourcil de la jeune fille, mais il le faisait surtout pour guetter le plus petit signe d'approbation. Lorsque enfin Gruyère répondit, le lièvre dressa les oreilles. Faire comme il le voulait était une politique tout à fait digne du Pays des Merveilles.

Le lièvre hocha la tête et bondit sur ses pieds, emportant le miroir dans sa remontée.

— Je considère votre proposition être d'une considérable constitution. Ne quittez pas, Jason va prendre votre appel.

Ces quelques mots à peine jetés, Haigha partit au triple galop. Il trouverait bien un endroit quelque part dans ce pays où toutes les solutions fausses pourraient être écartées. Du moins, en grande majorité. Il avait bien une petite idée là-dessus. Après tout, le meilleure endroit où conserver quelque chose, du point de vue de tout bon lièvre digne de ce nom, n'était rien d'autre qu'un terrier.





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MessageSujet: Re: [flash-back] La Belle et le Lièvre Sam 15 Aoû - 14:05



La Belle et le LièvreHaighaxBelle


La brune ne put retenir un doux sourire alors que l'autre concluait la discussion en parlant d'un certain Jason, un sourcil tout de même froncé sous l'effet de ce dernier point. Peut-être aurait-elle dut se poser la question de qui était ce dit Jason, mais après cette brève démonstration du comportement de cet homme, elle avait crut comprendre que tout n'avait pas toujours une raison, pas toujours. Alors elle ferait taire sa curiosité, et se laisserait porter, en espérant tout simplement qu'il n'oublierait pas le petit miroir dans un trou sous un arbre. Sa seule fenêtre sur l'extérieur, sa seule diversion dans son petit monde qui, aujourd'hui, se constituait uniquement de ce palais si grand, si beau, mais si fermé. Des portes fermées, en un sens c'était ce qu'elle avait vu jusqu'à présent, et pourtant! Elle était bien libre de ses allées et venues, et le domaine de la Bête était loin d'être minuscule, mais ce qui était enfermé, c'était bien sa soif de connaissances. Elle avait comme l'impression que bien que le palais recelait de nombreux secrets, il y aurait forcément un jour où elle se sentirai cloitrée. Alors à travers ce petit miroir, elle avait comme l'impression que tout le monde s'ouvrait à elle, et que derrière cet homme si étrange, se cachaient de nombreuses surprises dont elle n'avait même pas idée.

Belle finit par poser le miroir au sol, fixant le plafond quelques secondes, songeuse. Sa peine s'était envolée, c'était étrange, un calme trop grand qui laissait un vide effrayant au fond d'elle, mais incroyablement apaisant. Peut-être que cesser de chercher des raisons, se changer les idées en dehors des livres et de leur magie, c'était donc là ce qu'elle cherchait...
Un sourire étira ses lèvres, et après une longue inspiration, elle finit par se relever, son miroir bien en main, cherchant des yeux un endroit sûr où elle pourrait le cacher. Parmi les livres? Peut-être, mais dans ce cas, elle ne saurait pas quand ce cher Lièvre serait à nouveau derrière la glace. Sous l'oreiller alors? Et bien... Pourquoi pas?
D'un geste lent, délicat, la servante plaça la glace sous ses épais édredons, restant quelques secondes immobiles à songer à ce qu'elle venait de vivre, avant de tout naturellement s'allonger sur le lit, et de lentement, très lentement, sombrer dans un sommeil sans rêves.


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